L'auteur-compositeur-interprète Alain Bashung est décédé samedi à l'âge de 61 ans, laissant derrière lui une longue carrière de chanteur de rock à la fois exigeant, poétique et populaire.
L'interprète de "Gaby oh Gaby", "Osez Joséphine" et "La Nuit je mens" s'est éteint dans l'après-midi à l'hôpital Saint-Joseph à Paris des suites d'un cancer du poumon, ont annoncé les médias français en citant le producteur Garance Productions.
La maladie l'avait contraint ces dernières semaines à annuler plusieurs concerts, notamment ceux prévus la semaine prochaine au Grand Rex, à Paris.
Il était monté sur la scène du Zénith fin février pour la cérémonie des "Victoires de la musique", où il avait été récompensé à trois reprises, devenant l'artiste français le plus titré de cette cérémonie avec 11 récompenses.
Vêtu d'un chapeau et de lunettes noirs, il était apparu fatigué. "Un jour je parlerai moins, jusqu'au jour où je ne parlerai plus", avait-il chanté ce soir-là.
Bashung avait commencé sa carrière en 1966, enchaînant les 45 tours sans parvenir à accéder à la notoriété jusqu'au titre "Gaby, oh Gaby" qui le propulse en haut des charts en 1980.
Un an plus tard, le titre "Vertige de l'amour" confirme son talent et conforte sa place à part dans le paysage du rock français, entre succès commercial et exigence artistique.
Sa collaboration avec Serge Gainsbourg ou les auteurs Boris Bergman puis Jean Fauque a débouché sur des albums salués par la critique et régulièrement marqués par des "hits" comme "SOS Amor", "Osez Josephine" ou "Madame Rêve".
Pour son dernier album, récompensé par une Victoire, il s'était entouré de nombreux collaborateurs comme Gérard Manset, Gaëtan Roussel ou Arman Méliès.
Parallèlement à sa carrière de musicien, Alain Bashung avait entamé une carrière de comédien en 1981 et apparaît au total dans une quinzaine de films.
Le chanteur Bénabar a rendu hommage à l'artiste disparu dans le journal de 20 heures de France 2.
Il a salué "un immense artiste, quelqu'un de différent des autres, un modèle, un immense personnage, accessible, incroyablement humble, à la carrière et au répertoire riches".
Pour Bertrand Dicale, journaliste à Chorus, Alain Bashung laissera "une trace immense" dans l'histoire de la musique.
"Il a exploré toutes les voies possibles du rock et toutes les voies possibles de la chanson française, ensemble et en même temps", a-t-il dit sur France Info. "C'était à la fois un chercheur et un chanteur qui touchait le grand public".